vendredi 18 novembre 2011

De Lima à Nazca, la mer et le désert

Lima
Notre premier pays traversé en Amérique latine est le Pérou. Ce pays offre une multitude de paysage très variés : océan pacifique, forêt amazonienne, cordillère des andes, Lac Titicaca. Les ancêtres des péruviens ayant habité sur ces terres, les peuples pré-incas (paracas, nascas, moches) & les incas, ont laissé un patrimoine culturel très riche et encore visible de nos jours, le celèbre Machu Picchu en est un exemple. La période coloniale espagnole qui a suivi (les conquistadors) a marqué la fin de cet empire inca et a donné aux péruviens leur langue nationale. Finalement, le pays a déclaré son indépendance fin du XIXème siècle. Nous passerons notre première semaine le long de la côte entre Lima et Nasca, la route du Sud. Voici les points forts de ces premiers pas en Amérique Latine :

Temps typique à Lima : Brume... mais pas de pluie
Plaza de armas, Lima
Parque del amor, Miraflores
Lima, capitale du Pérou : A la sortie de l'aéroport, un taxi envoyé par notre hôtel nous attend, avec la pancarte "Jean Albert", parmi des centaines d'autres pancartes. Nous croisons une foule qui s'amasse autour de l'équipe nationale de football du Pérou, qui vient de subir une défaite en Equateur. De nombreux fans, parmi lesquels notre chauffeur, s'approchent des joueurs pour leur requérir une poignée de main, une signature ou faire des photos. Notre hôtel est dans un quartier sécurisé au Sud du centre ville, Miraflores. Nous ne resterons qu'un jour à visiter notre quartier (parque del amor, plaza ...) et le centre ville (plaza de armas, vue sur San Cristobal, ...). Pour nous y rendre, nous embarquons dans un collectivo, sorte de minibus coloré typique du Pérou où la destination est notée sur le flanc du véhicule et grâce auquel les péruviens se déplacent partout dans le pays. Nous apprécions la musique latino qui rend l'ambiance du bus vraiment locale. Nous dégustons déjà la boisson nationale du Pérou, le Pisco Sour, cocktail à base de Pisco (alcool de raisin), de citron vert, de sucre et de blanc d'oeuf, c'est bon, avec modération. Le temps à Lima est assez particulier, il y fait toujours brumeux / nuageux, mais il n'y a presque jamais de pluie.


Paracas, en bordure d'océan pacifique : Petite cité en plein essor touristique, Paracas constitue pour nous un arrêt où nous profiterons à fond du littoral. Malgré un hôtel dont la vue n'est pas fameuse (des travaux de construction et une route entravant la vue sur mer), nous passons un petit séjour très agréable sur place. Le Pérou, avec ses 10% de la pêche totale mondiale, est le 3ème pays à pêcher le plus de poissons. Nos estomacs se régalent de poissons fraîchement pêchés et cuisinés de différentes manières : en filet, en poisson entier, ou même en ceviche (prononcer cébitché). Le ceviche est  un mélange de poissons crus coupés en petits morceaux, d'oignons et de jus de citron vert... un délice ! Une expédition en bateau nous mène vers les îles Ballestas où des dizaines de milliers d'oiseaux et d'animaux marins viennent se nourrir des nombreux poissons présents : lions de mer, pingouins, pélicans, cormorans,... Attention la tête, chute de guana ! Nous parcourons également la réserve nationale protégée de Paracas, où nous observons des grandes étendues désertiques menant à de magnifiques falaises en bordure d'océan.





Musée Maria Reich
Ligne de Nasca (6km)
Nasca, ses vestiges pré-incas : A 50 km de la côte pacifique, Nasca est une ville située au milieu de grandes étendues désertiques, il y fait d'ailleurs très chaud et parfois très ventu. La dune la plus haute du monde (2000m) surplombe la ville et amuse les touristes envieux de tenter l'aventure du sandboarding. Nasca est, tout comme Paracas, le nom d'un peuple pré-inca ayant vécu sur place et dont de nombreux vestiges sont présents. Les plus célèbres sont les lignes de Nasca ('Lineas  Nasca') tracées à la main dans les étendues caillouteuses. Des centaines de lignes s'entrecroisent, dont la plus grande fait 10km de long, et certaines représentent des dessins lorsqu'on les survole à une certaine altitude (oiseau, singe, les mains, ...). Nous visitons le site en grimpant sur quelques miradors et en découvrant la maison-musée de Maria Reich, une allemande ayant consacré sa vie à l'étude de ces lignes. Nous avons également l'occasion de voir un exemple de cimetière nasca, non loin de là, qui nous en a appris sur les techniques efficaces d'embaumement de ce peuple et de certaines de leurs coutumes. A Nasca, dans notre hôtel, une mini piscine dont JS profitera... enfin !!

Ligne de Nasca : La Main
Ligne pré-Nasca : La famille

samedi 12 novembre 2011

San Francisco, notre Golden Gate entre Asie et Amérique latine


Capitale de l’état de Californie, nous avons choisi San Francisco comme ville étape de notre trajet entre Katmandou et Lima, juste à la moitié de nos 6 mois d’aventures. Nous y resterons 4 jours, à profiter d’un retour bien mérité dans une cité occidentale. San Francisco est une ville que nous avons adorée, ses célèbres rues en pente, son Golden Gate, ses maisons au style victorien, sa situation près de l’océan nous ont vraiment bien plu, sans oublier ses nombreux restaurants ! En quelques mots, San Francisco, c’était pour nous :
Cable Car
Un trajet dans le célèbre Cable Car : Sorte de tram tracté par un cable, le cable car est l’attraction touristique de SF à faire. Le tram gravit et descend les rues très pentues de la ville avec une facilité déconcertante. La descente vers le port des pêcheurs (Fisherman’s Wharf) avec la vue sur l’île de la prison d’Alcatraz fait penser à de nombreux films. On se promène le long des quais avec visite de quelques anciens bateaux amarrés, puis repas marin dans un resto, nous sommes contents de manger du poisson après si longtemps. Sur le chemin du retour vers l’hôtel, sous une pluie battante, nous marchons sur crookedest street (une rue en zigzag), puis traversons le quartier chinois qui nous rappelle de nombreux souvenirs !


A vélo sur le Golden Gate : Une bonne manière de visiter San Francisco est de louer un vélo, ça permet de faire de l’exercice et un plus grand tour dans la ville, tout en profitant bien des différents quartiers traversés. Nous avons la chance d’avoir un magnifique soleil toute cette journée.  Notre itinéraire passe par le city hall, le quartier aux maisons en style victorien, le golden gate parc (aux allures de parc de la woluwe + bois de la cambre), les plages côté pacifique, la traversée aller/retour du golden gate (waouh), la vue sur Alcatraz, le fishermans wharf… au total, 30 km parcourus  et un fish & chips / hamburger avalés !


Excursion en mini van vers les vignobles de la Sonoma Valley : Nous optons pour une visite organisée pour notre dernier jour à San Francisco. Un premier arrêt nous mène à Muir Woods, une forêt abritant les arbres les plus hauts du monde, les séquoias (redwoods). Nous sommes impressionnés par la taille de ces géants de la nature, dont certains sont 300 fois plus grands que les bonsaïs que nous avons vus en chine… Notre chauffeur nous emmène ensuite dans la Sonoma Valley (proche de la napa valley) et nous arrête chez 3 producteurs où nous dégustons des vins locaux (blanc, rouge mousseux), bons et mauvais. Nous terminons la journée sur une terrasse avec vue sur les vignes, à déguster une bouteille d’un vin mousseux… la vie est dure ;-)

mardi 1 novembre 2011

9 jours de trekking dans les chaînes himalayennes (Langtang)


Langtang
Le trekking (ou hiking) est une activité de prédilection au Népal. Les montagnes célèbres ne manquent pas et les paysages sont fantastiques… ce qui rend le choix de la destination relativement difficile, on a envie d’aller partout. Les treks les plus connus sont : l’Everest, les Annapurnas, le Langtang. Il faut également choisir la durée du trek et la formule adéquate : avec ou sans guide / avec ou sans porteur / avec quelle agence de trekking. Nous opterons pour un trek de 9 jours dans le Langtang accompagnés d’un guide et d’un porteur, via une agence de trekking française. Nous prendrons un grand sac à dos pour 2 (l’autre restera à l’hôtel) et nos petits sacs de voyage. Nous faisons l’acquisition de 2 bonnets népalais en laine, pour avoir bien chaud. Voici un aperçu des moments forts de ce trekking, jour après jour :

Longue attente...
Gare des bus
Trajet Aller : Notre guide (Chhobi) vient nous chercher à l’hôtel avec notre porteur (Sam), direction gare des bus, un endroit fourmillant de monde de bonne heure (6h30). Le trajet entre Katmandou et Syabru Bensi (départ du trek) se fait en bus local. C’est notre première expérience dans ce type de transport et ce fût plutôt folklorique. 10h de route dans un bus bondé, nous étions assis à l’intérieur (ouf), il y avait des gens debout dans toute l’allée du bus, avec leurs affaires à terre (sacs / caisses en carton), et bien sûr, plus de 20 personnes sur le toit. Le bus s’est arrêté maintes fois. Le trajet se fait en grande partie sur des routes dans des piteux états (parfois pas de route, juste des graviers), qui sinuent dangereusement. Nous avons l’impression que le bus défie les lois de la nature quand le précipice n’est pas loin et qu’il s’agit de croiser un autre véhicule.

Ruches à flanc de montagne
Jour 1 (Marche : 6h / Dénivelé : +1000m) : Un grand soleil nous accueille pour notre première journée de marche. Nous démarrons à 1400m d’altitude et longeons un torrent durant toute la journée. Le sentier est à travers bois et nous traversons le torrent à plusieurs endroits via des ponts suspendus. Nous sommes en grande forme pour démarrer ce trek. Sam porte notre sac à dos sur la tête à l’aide d’une sangle, tandis que Chhobi nous indique la route à suivre et nous montre les curiosités du chemin (des ruches d’abeilles sur la falaise). Début d'après midi,  nous arrivons à Lama Hotel, un village à 2400m où nous passerons la nuit.


Jour 2 (Marche : 6h / Dénivelé : + 1000m) : Un départ au frais le matin, dès 7h, nous mène à travers une forêt dense et humide où les troncs des arbres sont recouverts de mousse et font penser à une forêt hantée. De nombreux rhododendrons (pas en fleur : mauvaise saison) peuplent les abords de cette forêt. Peu après le lunch, nous quittons la forêt et continuons notre ascension sur un terrain plus dégagé, propice à l’élevage. Notre village étape est situé à 3400m d’altitude, c’est un gros patelin, Langtang Village (voir photos ci dessous). Des yacks et vaches paissent dans les prairies, les habitants vaquent à leurs occupations… nous sommes sous le charme de l’ambiance qu’il y règne. La plupart des hôtels disposent de couvertures, que nous mettons au-dessus de nos sacs de couchage, pour lutter contre le froid durant la nuit, car les chambres ne sont pas chauffées. Chhobi et Sam nous apprennent à jouer à un jeu de cartes népalais !


Kyanjin
Peu avant Kyanjin
Jour 3 (Marche : 7h, Dénivelé : +1300m / -900m) : Cette superbe étape nous mène encore à travers les prairies, puis dans des décors plus rocailleux, pour finalement arriver au village de Kyanjin, situé à 3800m d’altitude, et blotti au milieu des montagnes aux sommets enneigés : la chaine des Langtang. Une dizaine de sommets à plus de 5000m, dont certains culminant à plus de 7000m, la vue est imprenable. Après une courte pause midi à Kyanjin, nous profitons de l’après-midi pour faire l’ascension du Kyanjin Ri (4700m), juste avant que le temps ne se couvre. Jolie vue de là-haut, avec ces drapeaux colorés qui décorent les sommets. Dès notre retour à Kyanjin, nous prenons un délicieux morceau de gâteau et achetons du fromage de Yack fabriqué sur place (enfin du fromage, ça fait 2 mois ½ qu’on n’en avait plus mangé) : que du bonheur ! Notre forme est toujours là. Nous rencontrons 2 françaises d’Annecy (Marion et Gaëlle) avec qui nous faisons connaissance.
En haut du Kyanjin Ri 4700m (Chhobi, Sam, Rox, JS)

Vue sur Langtang de Kyanjin
Jour 4 (Marche : 6h, Dénivelé : -1300m) : Nous rebroussons chemin vers Lama Hotel, c’est donc une longue journée de descente, dans les mêmes paysages que les jours précédents. Les repas en montagne se limitent à des féculents (riz / pâtes / patates / pain / pizza) et des légumes en soupe ou frits (carottes, choux, tomates), accompagnés d’œufs, il n’y a pas de viande au menu. Nous avons le loisir de choisir ce que nous voulons manger, dans les limites de notre budget, sachant que les tarifs augmentent proportionnellement avec l’altitude. Notre guide s’occupe de prendre les commandes, de nous servir nos repas, et de nous signaler quand notre budget est dépassé. Son expérience de 2 ans dans un grand hôtel d’Arabie Saoudite est très visible dans son service de qualité et attentionné. Petite papote le soir avec 2 australiens.

Notre guide et notre porteur en pleine descente
Thule Syabru, ses plantations en terrasse
Jour 5 (Marche : 5h / Dénivelé : -600m / +400m) : Nous poursuivons la descente de la veille durant 2 h. Rox a un peu mal aux bronches, douleur qui ne va faire que s’amplifier durant la journée (à surveiller !). Nous bifurquons enfin pour entamer une montée très raide à travers une forêt de bambous et  sur un chemin où les vaches entravent de temps à autre notre ascension. Chhobi fabrique un bâton de bambou pour Rox, qu’elle utilisera jusqu’à la fin du trekking. Au-dessus de cette montée, nous faisons une pause, au soleil, avec une magnifique vue sur l’autre versant de la montagne et notre village de destination Thule Syabru (2200m), construit sur la crête et entouré de nombreuses cultures en terrasse. Un long pont surplombant le torrent nous mène au sentier qui sillonne d’abord à travers bois, puis au milieu des plantations en terrasse, nous offrant un magnifique paysage pour l’ultime montée de la journée. Après un thé au gingembre (aux effets soi-disant guérisseurs), nous faisons un petit tour dans le village, vers le temple où des népalais préparent une cérémonie d’enterrement, puis vers le stupa surplombant le patelin. Nous passons la soirée avec Marion et Gaëlle, ainsi qu’un couple de flamands croisés sur le chemin.


La culture des céréales à la main
Journée brumeuse et froide
Jour 6 (Marche : 6h / Dénivelé : +1000m) : C’est par un temps très couvert et froid (5°C) que nous entamons la marche, pour une des journées les plus dures du trekking. Les chemins sont raides et passent à travers bois (humide / froid). Rox a toussé toute la nuit, est aphone et ne se sent pas du tout en forme, le froid n’est pas là pour améliorer les choses. Notre guide lui cueille quelques brins d’une plante médicinale, pour lui en faire une infusion le soir (le goût était horriblement amer même avec du miel :-) !). La pause midi (à 3000m) se fait dans une gargote très peu chauffée (2 misérables buches dans un poêle), pas idéal quand nos vêtements sont plutôt humides. 2h suffisent pour atteindre Singumba (3200m). Fin de journée, nous faisons une partie de cartes (Président) avec Marion & Gaëlle bien au chaud près du poêlon central.

En cours d'ascension (temp : 10°C)

Lac de Gosaikunda
Jour 7 (Marche : 6h / Dénivelé : +1100m) : Malgré un temps qui n’évolue pas, nous progressons dans notre ascension, d’abord à travers bois, puis sur une crête rocailleuse. Nous sommes déçus de cette brume constante, qui nous cache une belle vue sur les montagnes alentours. Cependant, nous ne pouvons pas nous plaindre, nos jambes se portent relativement bien et nous ne souffrons d’aucune douleur à ce niveau-là. 2 chapelles hindoues ponctuent notre rude et lente montée. C’est vers 14h que nous arrivons à notre étape la plus élevée et la plus fraîche : Gosaikunda (4300m).  Nous n’apercevons même pas 2 des 3 lacs aux alentours… merci la brume ! L’après-midi, nous faisons une petite sortie sur les rives des lacs puis jouerons à nouveau aux cartes en attendant le dîner, qui ne sera pas fameux. La nuit, il fait -5° à -10° dehors, notre chambre n’est pas chauffée (glagla).

Js, Rox, Gaëlle, Marion
Jour 8 (Marche : 3h30 / Dénivelé : -1100m) : Une toute petite journée de descente… et de repos l’après-midi. Ca nous fait du bien. Nous rebroussons le chemin de la veille, toujours dans un épais brouillard. Durant les 300 derniers mètres, JS ressent quelques douleurs au genou… Nous achetons du fromage de Yack à la fromagerie du village. Soirée cartes avec notre guide et notre porteur, à Singumpa (3200m).



Jour 9 (Marche : 4h / Dénivelé : -1200m) : Dernier jour de marche, plutôt pénible pour JS dont les douleurs au genou ne cessent pas, et ce, tout au long de la descente. Chhobi lui fabrique un bâton de marche. Nous apercevons 2 singes en liberté ! Peu avant midi, nous arrivons à notre destination finale, Dunche, bourgade plus étendue, avec des routes et des voitures ! Le soir, nous partageons un dernier un repas avec notre guide et notre porteur et échangeons nos adresses email; nous avons passé un éprouvant mais merveilleux trek en leur compagnie.

Trajet retour : A nouveau, nous prenons un bus local pour les 7h de trajet. Malgré un arrêt petit déjeuner pour le chauffeur et 30 minutes d’attente sur un chantier de construction de route, nous arrivons tôt (début d’après-midi) à Katmandou. Nous remercions Chhobi et Sam pour les bons moments passés avec eux et leur faisons nos adieux. Quel bonheur de pouvoir enfin prendre une douche chaude, sachant que les 4 dernières étapes n’en avaient pas ! Nous dînons avec Marion & Gaëlle dans un resto Thaï aux currys succulents et dans une chouette ambiance d’après trek. Rox tousse encore mais ses douleurs aux bronches se sont atténuées (ouf !).